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Qui est Félicie Hervieu ?

Née Marie Félicité Bridoux le 22 septembre 1840 à Chémery-sur-Bar. Jeune fille, elle souhaite devenir médecin, mais les études de médecine sont réservées aux hommes. Félicie devient donc sage-femme comme sa mère.

A 19 ans, elle épouse Honoré Désiré Hervieu qui ouvre à Sedan une manufacture de textile. Ils auront 6 enfants, elle exerce sa profession de sage-femme jusqu’en 1868. Elle travaille alors avec son mari dans l’entreprise mais il décède en 1886. Félicie se retrouve à la tête de la fabrique avec ses enfants

Félicie Hervieu est une personne très sensible à la détresse des femmes dont elle s’occupe à l’hôpital de Sedan, mais aussi des familles qui travaillent dans l’entreprise de son époux. Malgré l'aide qu'elle apporte à certains, elle s’aperçoit que sa charité n’améliore pas les conditions des familles.

La forme d'aide proposée

Madame Hervieu propose une nouvelle forme d’assistance qui va aider les familles à se responsabiliser en apprenant à économiser en plaçant de l’argent tous les mois sur un compte épargne.

Si la famille place 3 francs, Félicie ajoute 6 francs.

Au début la famille prétexte ne pas pouvoir mais finit par épargner les 3 francs, Félicie leur ajoute 6 francs, donc, à la fin de l’année, la famille dispose de 108 francs.

Leur bienfaitrice les encourage alors à louer un champ et à le cultiver.

L’expérience

L'expérience de Félicie Hervieu

Cette oeuvre est intitulée

"Oeuvre pour la reconstitution de la famille"

Les parents travaillent avec leurs enfants :  "sans entrain, puis avec plaisir, puis avec ardeur" raconte Madame Hervieu qui considère que "l'homme n'est pas fait pour mendier mais pour travailler, il a le droit de vivre de son travail et par son travail, la charité ne doit pas consister à lui donner le pain de l’aumône mais le pain du travail."

Mme Hervieu gère son oeuvre mutualiste avec un comité de Dames, elles collectent des fonds, sollicite la municipalité. 

Ainsi cette œuvre accorde à chaque père de famille 160 m² par personne. Cette terre est prêtée sans aucune redevance. La seule condition est de bien la cultiver.

 L’œuvre ne possède pas de terrain mais loue dans la banlieue de la ville ce dont elle a besoin au faubourg de Torcy, Fond de Givonne, Banc de Floing, banc de Wadelincourt, Banc de Glaire.

Jardins de Pierremont à Sedan

 Les familles travaillent ensemble, ils se sentent plus fiers, unis, moins miséreux. Les enfants n’errent plus dans les rues à mendier, à voler ou à faire des actes de délinquance : ils travaillent au jardin avec leurs parents. Tous élèvent des poules, des lapins, des oies...

· Les hommes ne terminent plus leur journée après le travail dans la taverne du quartier mais s’activent à leurs jardins.

· Les familles mangent à leur faim des légumes, des œufs, des volailles… La santé des ouvriers s’améliore.

· ils peuvent vendre l’excédent de leur production ce qui rapporte un peu plus d’argent pour améliorer le quotidien.

Félicie Hervieu anime des conférences, partage ses expériences et rédige des fascicules :

« l’appel aux mères de France » en 1891 

« l’appel aux pères et mères des classes laborieuses » en 1892 .

 

Elle adresse un de ses exemplaires en 1893 à l’Abbé LEMIRE, député du Nord, qui le transmettra au Docteur LANCRY.

Ils développeront cette forme d’assistance sous les noms  :

« Ligue Française du Coin de Terre et du Foyer »

« Jardins Ouvriers ».

sur la page "Documents", retrouvez le récit du Docteur Lancry qui honore la personne de Félicie Hervieu :

"une visite aux jardins ouvriers de Sedan

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